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Page:Wharton - Les Metteurs en scène, 1909.djvu/146

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express : Gannett posa son livre et regarda par la fenêtre. Tout à coup il se tourna vers Lydia en souriant :

— Voici une charmante vieille villa, fit-il.

Ce ton aisé fut un soulagement pour elle : elle répondit à son sourire, en changeant de place pour se mettre auprès de lui.

Au delà du talus, par la brèche ouverte dans un mur couvert de mousse, elle aperçut la villa, avec ses balustrades effritées, ses fontaines endormies et le satyre de pierre achevant la perspective du tapis vert.

— Vous plairiez-vous là ? demanda-t-il, au moment où le train se remettait en marche.

— Là ?

— Dans un endroit de ce genre, enfin… Il y a au moins deux siècles de solitude sous ces ifs. Cela ne vous plairait pas ?

— Je… je ne sais pas, balbutia-t-elle.

Elle comprenait maintenant qu’il voulait parler.

Il alluma une autre cigarette.

— Il faudra bien pourtant nous établir quelque part ! dit-il en se penchant sur l’allumette.

Lydia répondit, en s’efforçant à l’insouciance :

— Je n’en vois pas la nécessité ! Pourquoi