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Page:Wharton - Les Metteurs en scène, 1909.djvu/125

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et aussitôt elle traversa la rue et monta les marches de la maison. Le mouvement impulsif qui l’avait menée ici se prolongea jusque dans le geste par lequel elle pressa le bouton électrique, — puis elle se sentit subitement faible et tremblante, et saisit la balustrade pour se soutenir. La porte s’ouvrit et un jeune valet de pied avec une figure fraîche et inexpérimentée se présenta. Julia vit aussitôt qu’il la laisserait entrer.

— J’ai vu passer M. Arment tout à l’heure, dit-elle. Voulez-vous lui demander de me recevoir un instant ?

Le valet de pied hésita.

— Je crois que M. Arment est monté s’habiller pour le dîner, madame.

Julia s’avança dans le vestibule.

— Je suis sûre qu’il me recevra… Je ne le retiendrai pas longtemps.

Elle parlait avec calme, en prenant ce ton auquel un domestique stylé ne se méprend pas. Le valet de pied avait déjà la main sur la porte du salon.

— Je le lui dirai, madame. Qui aurai-je l’honneur d’annoncer ?

Julia trembla. Elle n’y avait pas pensé.

— Dites simplement : « une dame », répondit-elle.