Ouvrir le menu principal

Page:Wharton - Les Metteurs en scène, 1909.djvu/124

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


un coin de gilet blanc qui se détachait dans l’obscurité, ou le reflet d’une sortie de bal pailletée.

Tout à coup elle se trouva dans une rue connue et s’arrêta brusquement, ayant tourné le coin sans remarquer où cela la menait. À quelques mètres devant elle, se trouvait la maison dans laquelle elle avait vécu autrefois… la maison de son premier mari. Les volets en étaient fermés, et une faible lueur seulement indiquait les vitres de l’imposte au-dessus de la porte. Et tandis qu’elle était là debout, immobile, elle entendit un pas et vit passer à côté d’elle un homme qui se dirigeait vers la maison. Il avançait lentement, avec la démarche alourdie d’un homme entre deux âges, la tête un peu enfoncée entre les épaules, le pli rouge de sa nuque bien marqué au-dessus du col de fourrure de son pardessus. Il traversa la rue, monta les marches, tira de sa poche un passe-partout et entra…

La rue était déserte ; Julia s’attarda un instant au coin, les yeux fixés sur la façade de la maison. Une faiblesse physique l’envahissait de nouveau, mais la vigueur factice que lui avaient donnée ses deux tasses de thé rendait encore ses idées d’une lucidité extraordinaire. Tout à coup, elle entendit un bruit de pas qui se rapprochait,