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II

S’il y a une distinction morale à être incompris du vulgaire, cette distinction fut refusée à Julia Westall lorsqu’elle quitta son premier mari. Tout le monde se montra prêt à l’excuser et même à la défendre. Le monde dont elle faisait l’ornement fut d’avis que John Arment était « impossible », et les maîtresses de maison poussèrent un soupir de satisfaction à la pensée qu’elles ne seraient plus condamnées à l’inviter à dîner.

Le divorce n’avait été motivé par aucun scandale : aucune des parties n’avait accusé l’autre de griefs sérieux. De fait, les Arment avaient été forcés de porter leur cause dans un État qui reconnaissait la désertion comme un cas de divorce, et qui en interprétait les conditions d’une manière si large qu’aucune union ne résistait à l’examen. Même en se remariant, Mrs Arment ne semblait pas avoir porté la moindre atteinte à la morale traditionnelle. On savait qu’elle n’avait rencontré son second mari qu’après avoir été séparée du premier, et elle avait de