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Page:Wharton - Les Metteurs en scène, 1909.djvu/101

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plus grandes injustices sociales que précisément ces questions-là ne fussent jamais discutées devant des jeunes filles ; mais nous nous écartons du sujet, car je ne me souviens pas en avoir vu une seule dans mon auditoire, aujourd’hui…

— Excepté Una Van Sideren !

Il se retourna légèrement et repoussa un peu la lampe près de laquelle s’appuyait son coude.

— Oh ! miss Van Sideren — naturellement.

— Pourquoi naturellement ?

— La fille de la maison ? Vous auriez voulu qu’on l’envoyât faire une promenade avec sa gouvernante ?

— Si j’avais une fille, je n’autoriserais pas de semblables choses chez moi !

Westall caressa sa moustache en souriant un peu et se pencha en arrière.

— Je m’imagine, dit-il, que miss Van Sideren est parfaitement capable de se garder.

— Aucune jeune fille ne sait se garder, ou, lorsqu’elle le sait, il est trop tard…

— Et cependant vous lui refusez délibérément le meilleur moyen de savoir se défendre.

— Qu’appelez-vous le meilleur moyen de savoir se défendre ?

— Quelques notions préliminaires sur la nature humaine dans ce qui a rapport aux liens du mariage.