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vite les livres qui s’inspirent d’elle. Combien des romans qui ont paru en 1925 paraissent déjà couverts de rides, parce qu’ils incarnaient une forme d’inspiration qui était celle de leur époque et non celle de l’humanité, et qu’ils reflétaient des tics et non des passions ! Chez Mme Mary Webb, les passions seules sont en jeu. Et si rudes, si simples, si sincères qu’il semble impossible qu’un jour vienne où l’homme ne puisse plus les reconnaître. On peut se représenter une forme de civilisation, même en France, qui rende incompréhensible notre Princesse de Clèves. Je me demande même si ce roman si profondément, si merveilleusement français, conserve assez de clarté pour quelques milliers de Français. L’élégance morale peut arriver à instruire, à faire même une société, mais elle n’appartient pas à ces grands remous humains qui continuent à subsister quand une race a perdu le sens et le goût de cette élégance morale.

Dans Sept pour un secret…, la rivalité de Robert Rideout et de Ralph Elmer est aussi naïve et aussi immortelle que celle d’Achille et d’Hector. On pourra trouver qu’il y a dans le livre quelque chose de conventionnel par le fait que l’honnête homme triomphe et que le malhonnête homme est obligé de disparaître. Mais il y a aussi du conventionnel à penser que, dans la vie, l’honnête homme a toujours tort. Il peut se trouver des cas où il en soit autrement.

Si la Bible à conservé aux écrivains anglais le sens religieux du destin, leur amour de la nature les conduit tout doucement à une manière de paganisme qui semble de plus en plus fréquent aujourd’hui. Dans les romans