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JEANNE (ironiquement)

Et vous ne le savez pas !

FRIEDMANN

Par hasard, mais demain les journaux en seront pleins !

JEANNE (riant)

Eh bien, lisez-les !

LE MAJOR

Nous nous jetons à vos pieds.

JEANNE

Restez à mes pieds, cher major, mais comme je n’ai pas envie de les laisser là, demandez au baron de vous prêter les siens ! (Elle fuit en riant).

FRIEDMANN (riant)

Et de deux ; décidément nous n’avons pas de chance ce soir.



Scène VI


JEANNE, GASTON
(Jeanne a été arrêtée au fond du théâtre par Gaston qui la ramène, après s’être un instant caché).
GASTON

Laissons-les partir, je voudrais vous parler. (À part) Attends-toi, c’est mon tour !

(Le major et Friedmann se retirent. — Jeu de scène).
JEANNE

Je vous écoute, vous ne craignez pas le monde ?

GASTON

Non ; puis, vous pourrez toujours vous masquer. J’ai beaucoup pensé à notre conversation de tout à l’heure. Je ne sais pas ce que vous voulez de moi, mais il y a au fond de votre esprit quelque chose que vous ne dites pas, qui me trouble et que je ne puis saisir.