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FRIEDMANN

Pendant le dîner vous parliez avec un tel dédain et une telle colère de la jeune comtesse…

JEANNE (à part)

Oh ! oui ! (Haut) N’ayez pas peur, cher ami, il n’y a aucun danger… pour aujourd’hui.

FRIEDMANN

Mais pour demain ?

JEANNE

Oh ! demain ! ce mot là, dit à une femme, est presque inconvenant d’indiscrétion.

FRIEDMANN (impatienté)

Vous me ferez perdre la tête.

JEANNE

Ne vous gênez pas. Voici Gaston.

FRIEDMANN

Je vous laisse.

JEANNE

C’est très beau de votre part. Je note, à l’actif.



Scène II


JEANNE, GASTON.
GASTON

Le major Barine m’a dit que vous désiriez me voir, madame.

JEANNE

Oui, pour faire la paix. Voulez-vous ? il y a deux mois j’ai été vive…

GASTON (souriant)

Très vive.

JEANNE

Mais être mis à la porte par une femme, ce n’est pas un affront, n’est-ce pas ?