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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t3.djvu/98

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« L’enfant de ma mère a le cœur malade,
Et le mal qu’elle a, c’est le « mal maudit ».

« Monna, n’en ayez angoisse trop grande.
On vous bâtira, pour y demeurer,
Une maison neuve, au haut de la lande,
Où vous pourrez, seule, en secret pleurer.

« Vous pourrez pleurer dans la maison neuve,
La nuit et le jour, été comme hiver ;
Et les gens croiront que c’est une veuve
Pleurant son mari qui mourut en mer.

—, Dans la Lande-Haute il fera bien triste.
Donnez-moi du moins, en l’honneur de Dieu,
Servante ou valet, quelqu’un qui m’assiste
Pour laver mon linge et souffler mon feu.

— Monna, vous n’aurez valet ni servante.
Dans la maison neuve, hélas ! vous vivrez,
Seule avec le vent, le vent dur qui vente
Sur la Lande-Haute au pays d’Arez. »

Monna Keryvel, de la Lande-Haute,
Fais-toi belle et mets ta croix à ton cou ;
Un cavalier doux a grimpé la côte…
Mais c’est l’épouseur des mortes, l’Ankou !

(La Chanson de ta Bretagi