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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t3.djvu/96

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Au Pays du Froid, la houle des fiords
Chante sa berceuse en berçant les morts.

— Chante ta chanson, chante, bonne vieille l
La lune se lève et la mer s’éveille.

Dors, petit enfant, dans ton lit bien doux,
Car tu t’en iras comme ils s’en vont tous.

— Chante ta chanson, chante, bonne vieille !
La lune se lève et la mer s’éveille.

Tes yeux ont déjà la couleur des flots.
Dieu prenne en pitié les bons matelots !

— Chante ta chanson, chante, bonne vieille !
La lune se lève et la mer s’éveille.

Car c’est pour les flots que nous enfantons,
Tous meurent marins, qui sont nés Bretons.

[La Chanson de la Bretagne.)

LA CHANSON DU VENT DE MER

O vent de mer, ô roi des vents,
Toi qui fais, quand tu te déchaînes,
Crier l’angoisse des vivants
Dans le vaste sanglot des chênes,

Souffle, souffle, grand souffle amer,
O roi des vents, ô vent de mer !

O vent de mer, ô roi des vents,
De nos âmes et de nos portes
Chasse les rêves décevants,
Avec le tas des feuilles mortes.

Souffle, souffle, grand souffle amer,
O roi des vents, ô vent de mer !

O vent de mer, ô roi des vents,
Fais-nous planer dans ton domaine,
Sur l’infini des flots mouvants,
Plus haut que l’espérance humaine !

Souffle, souffle, grand souffle amer,