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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t3.djvu/85

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La treille festonnant de ses pampres dorés
La blanche métairie où l’on vit loin des foules.

Mais quand le chant s’éteint aux lèvres du bouvier,
La tristesse envahit l’âme des bonnes botes,
Qui s’arrêtent soudain au milieu du sentier,
Cependant que le joug est plus lourd à leurs tètes.

"Or, serrant l’aiguillon dans son robuste poing,
Le bouvier crie : « Allons, Rougeaud ! Brichet ! En route !
Hâtons-nous, mes mignons, voici le jourqui point ! »
Et les pleurs de la nuit s’épanchent goutte à goutte !

Et, comme s’ils songeaient vraiment a s’insurger,
Promenant autour d’eux leurs regards nostalgiques,
Les grands bœufs restent là, farouches, sans bouger,
Et lancent vers le ciel des beuglements tragiques.

Mais bientôt on les voit repartir, le front bas,
Une fauve lueur éclairant leurs yeux mornes,
Car ils révent toujours aux folâtres ébats
Des oiseaux qui venaient se poser sur leurs cornes.