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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t3.djvu/64

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L’aile en fureur, l’hiver sur les monts vole et vente,
Du sang glacé des fleurs se paissent les janviers :
Votre pleine verdure étincelle vivante,
Vous oliviers que j’aime, oliviers, oliviers !

Votre être fortuné c’est Pallas qui l’enfante,
Sa mamelle est d’argent, jadis vous y buviez ;
Vos fruits broyés trempaient de flamme et d’épouvante
Les muscles des lutteurs par les dieux enviés.

Les siècles garderont ma voix, et d’âge en âge
Mon front resplendira sous un triple feuillage ;
Car à mes beaux lauriers, à mes myrtes nouveaux,

Vous dont le sang nourrit un peuple ardent de lampes,
Sacrés oliviers d’or, vous joignez vos rameaux
Pour courber la couronne immortelle à mes tempes.


Emmanuel Signoret