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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t3.djvu/596

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LA FONTAINE AU LUYA

Dans l’ombre frissonnante et verte des sous-bois,
Un timide juin s’éveille dans les berbes ;
Les rayons tamisés pleuvent en longues gerbes,
Versant un reflet d’or aux feuilles d’autrefois.

Les feuilles de l’été passé craquent encore
Sous nos pas. De leur mort naît la fraîche saison.
Le vent tiède a passé comme une pâmoison
Sur la rose des bois que sa pudeur colore.

La source lente étale en coupe sa candeur, —
C’est là que, chaque soir, viennent boire les hardes —
La mousse épaisse et moite, au pied qui se hasarde,
S’effondre un peu, laissant jaillir sa forte odeur.

Le silence est si doux, la paix est si vivante,
La senteur de l’eau froide et de l’herbe a grisé
L’air d’un vertige tel, qu’en un rythme brisé
Mon âme pleure, unie à la source qui chante.

L’espoir que j’ai cru mort ose élever la voix :
J’ai peur ; je sens en moi qu’un élan se recueille ;
Mon cœur sur votre bras tremble comme une feuille
Dans l’ombre verte et frissonnante des sous-bois.

PAQUES

Pour Antoiue Cyvoct.

Ils s’étaient dit : « Nous sommes sûrs des lendemains :
Sous l’éponge de fiel sa bouche est écrasée,
L’épine, sous le front, a tué la pensée,
Et la tombe, bien close, est sourde aux cris humains. »

Christ est ressuscité ! Sous les pâles jasmins,
Les disciples ont vu la pierre renversée ;
La victime a vaincu, toute chaîne est brisée.
Pilate déjà tremble en regardant ses mains.