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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t3.djvu/584

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Des feuilles de laurier à la flamme d’un cierge
Et répétait tout bas : « Christ est ressuscité !

Or, je songeais, pensif, aux époques lointaines
Où la voix de saint Paul, éclatant dans Athènes,
Ebranlait le fronton du Temple radieux ;

Et, gagnée à la Foi que l’Apôtre révèle,
O Grèce, tu brûlais, oublieuse des dieux,
Tes antiques lauriers à sa flamme nouvelle !…

Constantinople, 1896.

AUBE MARINE

La barque est noire et la mer grise.
Et dans l’eau calme où dort la brise
Vénus, qui jette un vif éclair,
Semble une perle qui s’irise.
Quelle Cléopûtre de l’Air
A dans ta coupe, ô Mer profonde,
Laissé tomber ce’joyau clair ?
Parfois un souffle agite l’onde,
Et d’un léger balancement
Berce en son lit la gemme blonde…
Mais voici l’Aube ! — Lentement
Une lueur diffuse et pâle
Monte et blanchit le firmament ;

Tandis que sous le flot d’opale,
Au sein du gouffre, tout au fond,
S’éteint l’Etoile matinale,

Comme une perle qui se fond.

LE CROISSANT

Les pourpres du couchant étalaient leur magie ;
Un autre Phaéton, guidant le char du dieu,
Avait-il de nouveau mis l’horizon en feu,
Comme aux jours merveilleux de la Mythologie ?