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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t3.djvu/570

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Voici le soir informe et les chauves-souris.
L’ombre avec les bergers va des sommets descendre.
Tandis que, secouant une invisible cendre,
S’en vont vers l’arbre creux les poulets pleins d’ennui,.
Ce vieux coq se dégrade au point d’aimer la nuit.

LE LAPIN

Quand je vais lui porter les déchets et le pain,
Je ne sais pas pourquoi j’engraisse le lapin.
Ce sot ne tente pas mon fourneau ; ses oreille ?
L’accablent ; il ne fait que des mines pareilles ;
Son nez seul bouge en lui comme un trèfle agité ;
Il n’a pour l’animer que ce tic, et l’été
Cerne en vain ce mangeur insipide : il se frotte
Et souffle, régalé d’un débris de carotte,
Et s’enfle sous son poil tiède, et fait des sauts mous,
Et se gorge sons fin de la fadeur des choux.
II mérite les choux, mais non pas la rostre.
C’est le soir ; et là-bas, dans la plaine boisée,
Quelque lièvre, attentif, à peine soucieux,
Recueille la douceur nocturne dans ses yeux.