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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t3.djvu/555

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Aux coins de ma paupière une énigme est fixée.
Je fais croire au divin par la force de l’Art ;
Mon front est ennobli d’une calme pensée.

J’inspire le désir fervent de rester pur.
Rien qu’en me regardant l’homme se sanctifie.
Comme l’aube qui teint le firmament d’azur,
Je colore d’espoir sa chaste rêverie.
J’inspire le désir fervent de rester pur.

Mon sourire paraît être un lever d’étoile.
Il fait jaillir, dans l’âme, une gerbe de lis.
J’ai le charme divin de l’amour qui se voile.
Par mon seul souvenir les cœurs sont embellis.
Mon sourire parait être un lever d’étoile.

(Amours divines et terrestres.)

SUR LE « SAINT JEAN-BAPTISTE »
DE LÉONARD DE VINCI

On sent, dans ma beauté, la présence de Dieu.
Mon geste tout-puissant, dressé vers l’Invisible,
Force l’âme à monter, sur des ailes de feu,
Par delà les confins de l’univers sensible.
On sent, dans ma beauté, la présence de Dieu.

Je suis le rayonnant visage du mystère,
Et par mes yeux profonds regarde l’Infini ;
Je ressuscite en l’homme un besoin de prière,
C’est par moi que le rêve à l’au delà s’unit.
Je suis le rayonnant visage du mystère.

Mon menton, noyé d’ombre, est chargé de secrets,
Ma bouche a le silence imposant de la tombe,
Le miracle de l’Art s’éternise en mes traits.
Jerends l’hommepensif, comme un beau soir qui tombe.
Mon menton, noyé d’ombre, est chargé de secrets.

Ma forme laisse au cœur une empreinte divine.
Mes yeux ont la douceur des ciels galiléens.
Le vrai sens de la mort, sous leurs cils, se devine :