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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t3.djvu/532

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Lis de rêve, iris limpide,
Si frêle et si fin,
Que sn corolle liquide
S’effeuille sans fin.
Il jaillit, joyeux et leste,
S’épanouit pour
Embrasser le bleu céleste
Dont il veut l’amour ;
Il monte, et monte moins vite,
Et son mince flot
Se brise, dès qu’il hésite,
Avec un sanglot.
« Hélas ! gémit le fluide
Amant des cieux sourds,
Toujours s’élancer candide,
Retomber toujours ! »

[L’Encens Perdu.)

LE LIVRE MAL LU

Tu veux donc m’aimer ? C’est hasardeux :
Et je fais souffrir tout ce qui m’aime.
Mais nous ferons tant, va, qu’à nous deux
Nous saurons bien être heureux quand même.

Plus que je ne t’ai, tu vas m’avoir :
Je t’ignore toute, et je te livre,
Puisque absolument tu veux savoir,
Mon cœur grand ouvert ainsi qu’un livre,

Où nous trouverons, plus d’une fois.
Quand il nous plaira d’y lire ensemble,
Des coups d’ongles, des taches de doigts ;
Un livre, pourtant, plus neuf qu’il semble :

Sans doute imprimé trop finement,
On l’a feuilleté pour les images,
Et parcouru si distraitement
Qu’on n’a pas coupé toutes les pages.

[L’Encens Perdu.)