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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t3.djvu/49

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sa mère. Et tout cela, le poète, de fois à autre, l’a évoqué doucement dans son œuvre.

a M. Francis Jammes, pendant quoique temps, fut clerc de notaire dans une étude à Orthez. Rien ne saurait rendre, pour ceux qui l’ignorent, l’atmosphère morose et vieillotte du lieu qu’est une étude ; et seul peut-être M. Francis Jammes pourrait nous donner le tableau fané de ces étroites salles, historiées d’affiches, où il a, lui aussi, passé quelques heures un peu grises. II composait alors ses premiers vers, qu’il enfermait en des petits cahiers non mis dans le commerce et portant ce simple titre .• Vers.

a Tout d’abord, ses vers parurent un peu bizarres, et là-dessus une courte notice bibliographique dans le Mercure de France de décembre 1893 demeure un document très appréciable. Le nom même de leur auteur inquiétait… Mais vingt lignes permettraient mal d’exprimer des paroles suffisantes sur l’œuvre du jeune écrivain qui a rafraîchi de simplicité la poésie française. Nous reproduirons seulement la préface mise par M. Francis Janimes à son livre de vers : De l’Angélus de l’Aube à l’Angélus du Soir (1898) et qui est significative’ de l'esprit dans lequel sont écrits les poèmes rassemblés sous ce titre. Voici cette préfacer.*

« Mon Dieu, vous m’avez appelé parmi les hommes. Me voici. « Je souffre et j’aime. J’ai parlé avec la voix que vous m’avez « donnée. J’ai écrit avec les mots que vous avez enseignés à ma « mère et à mon père qui me les ont transmis. Je passe sur la ! « route comme un âne chargé dont rient les enfants et qui baisse « la tète. Je m’en irai où vous voudrez, — quand vous voudrez. « — L’Angélus sonne1. »

Dés 1897, M. Henri de Régnier avait dit, à propos de la Naissance du Poete : « M. Jammes est un poète tout à fait unique. Il n’écrit ni vers sonores ou martelés, ni strophes à combinaisons savantes ; il n’est ni naturiste ni symboliste ; son style est un mélange de précision et de gaucherie, l’une naturelle, l’autre voulue. Ce langage a la fois maladroit et exquis est un charme chez lui… — « Il ne parle que des choses les plus simples, les plus quotidiennes, les plus humbles, mais il en parle avec une grâce délicieuse, une émotion « naïve », une exactitude qui les rend visibles et palpables. Il les évoque telles qu’il les a ressenties. » (Mercure de France, mai 1897.)

Quand, en 1901, parut Le Deuil des Primevères, l’auteur avait l’intention de faire suivre ce recueil d’un livre intitulé Poésie, a le dernier conçu et qui marquerait beaucoup mieux son développement ». « J’explique cela, ajoutait-il, parce que certains critiques pourraient croire que je leur fais des concessions dans Le Deuil des Primevères. Il n’en est rien. Ma forme suit ma sen