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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t3.djvu/473

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VÉRITÉ

… Il est utile, il est nécessaire que chaque être humain ait le courage (l’aller jusqu’au bout de lui-même. De là sortirait une génération d’indulgence, une meilleure et plus heureuse humanité. Mais nous savons que quelquesuns seulement sont nés pour écouter de tels enseignements, parce que toute la terre ne peut pas être peuplée de dieux. A ceux-là donc de détruire en eux le seul crime humain, l’unique péché originel, le mensonge. Tout le mal du monde n’est qu’un reflet de son interne empoisonnement. Cramponnés à des principes, à des lois, à des défenses, on s’arrête au bord de son propre océan. Et pourtant la vérité d’un être est une éternelle flnctuation.

Toute fixité constitue donc le mensonge, par conséquent le crime. Et qui de nous n’est pas criminel ? Personne n’admettrait personne, si les âmes vivaient à nu. On ne s’admettrait pas soi-même. Or, ne pouvoir être « ce qu’on est » n’aliène-t-il pas ce à quoi nous avons le plus droit dans notre esprit : la liberté ?…

Résumons : la vérité, pour nous, est le synonyme de la liberté, et le mensonge s’identifie à la captivité.

LUCIE DELARUE-MARDRUS.