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passé par les écoles les plus diverses, — J.-B. Say, Saint-Rémy (agriculture), l’école normale d’Auteuil, — qui lui ont orienté l’esprit vers de multiples, enthousiasmes. De famille bourguignonne-franc-comtoise, il a vécu de 1895 à 1899 en province. Actuellement, il est employé dans une administration parisienne.

Pour M. Poinsot, l’écrivain, le poète, est un homme qui doit vivre comme tout le monde, ne pas chercher à se singulariser, et seulement vibrer, aimer davantage et remplir sa double fonction : créer de la beauté, être utile aux hommes. M. Poinsot croit donc au rôle social de l’écrivain.

Epris à la fois de liberté et de discipline, ayant le goût de l’innovation, M. Poinsot, après avoir organisé avec MM. Fernand Halley et Georges Normandy les Congrès des Poètes de Paris ,et de Lille (1901-1902), devint, avec M. Adolphe Boschot et M. Georges Normandy, l’un des fondateurs de l’Ecole française qui se propose a la réintégration de la clarté et des sentiments humains dans la poésie française, et la libération du vers classico-romantique. Par son Rapport sur tes Questions de Poétique (Compte rendu du Congrès des Poètes, 1901), par sa brochure — écrite en collaboration avec M. Georges Normandy — Sur Us Tendances de la Poésie nouvelle (1903), et par maints articles de polémique, M. Poinsot s’efforça d’assurer pour sa part le triomphe du vers libéré. Et afin que la race française tout entière prît part au mouvement poétique qui se dessinait, il employait dans le même temps une partie égale de son activité au service de la cause décentralisatrice.

En elfet, M. Poinsot et son ami et collaborateur habituel, M. Georges Normandy, ont beaucoup contribué à l’œuvre de la Fédération régionaliste française. Ils ont fondé, en outre, avec M. Alcanter de Brahm, la Société des Poètes français, — présidée d’abord par M. Auguste Dorchain, ensuite par M. Emile Blémont, — et avec M. Ch.-Th. Féret la Société des Poètes normands.

M. M.-C. Poinsot est un poète délicat, un sensitif aux enthousiasmes judicieux. Sa philosophie est claire, modérée, empreinte d’une grande indulgence nuancée de quelque scepticisme. Il croit à la beauté de la vie. « Les Minutes Profondes, dit M. Edmond Blanguernon, ce sont les minutes de vie condensée où nos rêves, nos désirs, nos révoltes, nos énergies, enfantent, où soudain les harmonies panthéistiques du monde des formes et du monde des idées se découvrent à notre âme et à nos yeux ardents. » L’auleur des Minutes Profondes rôv,e l’harmonie universelle des hommes sur cette terre :

Oui, s’aimer, s’aimer tous ! Perspective profonde Qu’entrevoit le Poète…