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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t3.djvu/458

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Reviens, laisse mes mains palpitantes d’aveux
Parmi le silence de nos désirs se tendre
Kt dresse-toi devant la clarté des flambeaux,
Comme une fleur vivante aux portes du tombeau.»
Le tétrarque sanglote à genoux. Ses mains froides
S’éplorent longuement vers les voûtes sonores.
Auréolée de sang, la tête aux cheveux roux
Laisse peser sur lui l’effroi de ses yeux mornes.
Les lèvres sont fermées, et les gouttes de sang
Coulent comme des pleurs sur la blancheur du cou.
Un à un les flambeaux s’éteignent. Tous les bruits
Meurent dans le silence, et quand la nuit descend,
Livide et lourde de remords parmi les salles,
Prostré sous le linceul des ombres colossales,
Hérode épouvanté frissonne dans la nuit.

(A l’ombre du Portique.)

ORGUEIL

Sous le ciel de midi la terre immense brûle ;
La lumière descend de l’implacable azur
Sur les arbres dressés dont aucun pli n’ondule,
Sur le sol qui jaunit ainsi qu’un fruit trop mûr.

Et toutes les hauteurs de l’infini sont pâles
Dans le voile immobile et lourd de l’éther bleu,
Et la voûte du ciel, comme une vaste opale,
Aux nticres de sa chair emprisonne du feu.

La plaine s’est couchée aux pieds de la colline
Ainsi qu’un animal tranquille et sans vigueur,
Tandis qu’à l’horizon, comme d’une poitrine,
Monte l’haleine d’or de la terre en chaleur ;

Elle boit le soleil ardent par tous ses pores,
Puis, ivre sous l’effort brutal de la liqueur,
Dans le chant acéré des cigales sonores,
Monotone, elle met la plainte de son cœur.