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EURYTHMIE

J’écoute, à la clarté des choses endormies,
Dans l’Espace assoupi de traînantes phalènes,
La cendre remuer sur vos lèvres blêmies
Et sous le plomb figé la fraîcheur d’une haleine.

Vous, nul azur béat, mais une lampe amie,
Ariane aux secrets du vivant labyrinthe,
Venez guider l’amour dans les lacs de la crainte
Et d’un doigt somnambule égrener les momies,

Pour savoir si, les plis des ombres effacées
Joints au galbe des lis dont les urnes sont pleines,
Nous ne trouverons pas dans nos langueurs passées
De quoi ressusciter le cadavre d’Hélène !

(Eurythmies.)


SUITE SUR L’AUTOMNE

I

Avec ces souvenirs d’automne gris et las
Qui traînent dans le parc blême leurs falbalas
Indifférents au galbe effacé des statues,
— Le soir pâme au toucher de ces chairs dévêtues
Et sur le marbre nu met l’appât du velours, —
Je farderai du rose alangui des vieux jours
Où l’Avenue, à l’infini du crépuscule,
Jaune et mourante, ainsi que du passé, recule,
Pour vous, pour vos espoirs renaissant tous les mois,
Le visage vieilli de nos jeunes émois,
Méditant notre amour et cette destinée
De la feuille qui meurt aux cendres condamnée.

II

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

III

Du calme au lent tapis de neige sous des pas
Invisibles d’aller vers ce que ne voit pas