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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t3.djvu/440

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VANITÉS

J’ai fait des signes sur le sable
Afin de conserver emmi
Le souvenir impérissable
De l’endroit où j’avais dormi.

J’ai fait une marque au nuage,
Que moi seul saurais retrouver,
Afin de conserver l’image
De l’endroit où j’avais rêvé.

J’ai fait de l’âme de ma lyre
Un petit cercueil bien fermé,
Pour y conserver le délire
De l’endroit où j’avais aimé.

Mais tout est par trop périssable :
Le nuage fuit dans le vent.
La mer vient recouvrir le sable.
Et je n’aime plus comme avant.

L’ESSIEU

Vois la roue : elle tourne autour de son essieu ;
Ainsi le vers doit-il porter dans son milieu
La pensée, et, précipitant sa course folle,
Avec son tournoîment lui faire une auréole.
La roue en vain s’efforce à s’entraîner plus fort
Seul, l’essieu qu’elle porte ennoblit son effort.
La roue à son essieu doit être inféodée
Et l’art doit se soumettre aux règles de l’Idée.