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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t3.djvu/423

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Plus léger qu’un vol de phalène
Planant dans un soir parfumé, Le tiède bruit de son haleine S’élève seul dans l’air charmé. Mais cette haleine est infinie Ainsi que le ciel et la mer : C’est la source à jamais bénie Où se rajeunit notre hiver ! Ses molles ondes musicales, Comme des flots lents et berceurs, Viennent caresser nos fronts pâles Avec d’ineffables douceurs. Nos âmes en sont enivrées Et croient renaître au temps jadis, Quand, sous des aurores nacrées, Entre des roses et des lis, Dans des jardins de paix limpide, Habités de fleurs et d’oiseaux, L’homme portait son cœur avide Parmi des domaines nouveaux. Jeunesse éternelle du monde, Haleine des petits enfants, Vous êtes la force féconde Qui ressuscite nos printemps ! Vous êtes la sève et les flammes, Le bouillonnement et l’amour, Et vous réveillez dans nos âmes Tous les espoirs du premier jour ! Innocence, blancheur insigne, Bouton qui va s’épanouir, O frère immaculé du cygne, Rayon divin prêt à jaillir, ,Dans son berceau plein de lumière, Jonché de clartés, baigné d’or, Voyez le radieux mystère De ce petit enfant qui dort ! Namur, lo 12 avril 1901.