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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t3.djvu/402

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J’écoute le bruit sourd de mon cœur
Qui se hâte au fond de ma poitrine..

(Les Voix de la Terre et du Temps.)

OISEAUX PERDUS

Au-dessus d’un grand pays mort
Où de pâles étangs frémissent,
De lourds oiseaux venant du Nord
Dans les vents de l’automne glissent.

Par les champs immenses du soir
Qu’a détrempés l’eau des averses,
Leur vol triangulaire et noir
Dessine de traînantes herses.

Ils s’enfoncent dans le lointain…
D’autres viennent, d’autres encore,
Emportés d’un sauvage instinct
Vers quelque but que l’on ignore.

Mais voici qu’inondant les cieux,
Brusque, la nuit enfle ses vagues.
Et les oiseaux voient autour d’eux
Déferler les ténèbres vagues.

Et submergés dans leurs flots lourds,
Loin des routes qu’ils ont connues,
A d’invisibles carrefours
Ils s’égarent parmi les nues.

La peur les saisit. Un moment,
Faisant tête, en rangs de bataille,
Ils repoussent éperdument
L’obscurité qui les assaille.

En vain dans un farouche espoir
Leurs yeux fouillent le désert sombre :
Ils ne voient rien, rien que du noir
Et de l’ombre ajoutée à l’ombre !

Ils écoutent. Mais pas un bruit
Si loin de la terre ne passe,