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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t3.djvu/399

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Comme au foyer divin rêvait de s’abîmer,
L’espoir de ta justice et jusqu’à ton silence
Qui permettait de blasphémer.

Peut-être, maudissant l’œuvre de son étude,
Sentira-t-il sur lui descendre, comme un deuil,
Voûte aux arches de glace et d’or, la solitude
Géante de sa gloire et de son libre orgueil,
Et s’attristera-t-il, lorsque sages et prêtres
Auront courbé leur front devant la vérité,
De ne pouvoir, au moins, comme nous, ses ancêtres,
Douter de ta réalité.

Qu’importe ! Nous marchons, souffle, esprit et matière,
Vers les monts de l’ultime et suprême douleur,
Où croit sur le roc nu la certitude entière
De l’arbre de science altière et chaste fleur :
La voie inéluctable est devant nous ouverte,
Notre devoir grandit avec la vision
Où frissonne, victime au sacrifice offerte,
Notre chétive illusion.

Qu’importe ! Précurseurs que l’avenir écoute,
Nous irons, jalonnant de nos corps les sillons,
Et dût le désespoir, au terme de la route,
Nous accueillir du grondement de ses lions,
Dussiez-vous, conquérants de la future histoire,
Triomphateurs laurés d’un jour sans lendemain,
Mourir du battement d’ailes de la victoire,
Nous vous montrerons le chemin !

[La Tentation de l’Homme.)