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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t3.djvu/388

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Pays bleus,
Loin, très loin de notre terre ?
Le soleil brille là-bas,
De nos pas
Foulant les herbes mouillées,
Nous unirons en bouquets
Les muguets
Foisonnant sous les feuillées.
Nous passerons dans l’amour -,
Tout le jour,
Au pied des grands ormes sombres ;
Et trop tôt nous pourrons voir
Sur le soir
Les branches mêler leurs ombres.
En barque nous reviendrons,
Nos deux fronts
Se touchant presque, chère âme !
Sous la lune au doux halo
Dorant l’eau
Que froisse, en traînant, la rame.

(Au Temps Jes Lilas,)

LES FEMMES DE GŒTHE

Femmes que créa Gœthe, immortelles figures !
Ce soir, vous traversez en chœur ma rêverie :
Je vous vois défiler en lente théorie,
Etoilant, dans un parc, les ramures obscures..

D’abord, c’est Dorothée, idéalement blanche,
Celle qui vint, un jour, en jupe de futaine,
Seule, remplir son vase à l’agreste fontaine,
Et dans la main d’Hermann heureux mit sa main franche ;

C’est Mignon nostalgique, à la mine farouche,
Qui, sous le ciel du Nord, regrettait sa Provence ;
Parmi ses calmes sœurs, moins calme elle s’avance,
Les cheveux noirs au vent, un chant triste à la bouche ;

Et cueillant, sous le vert feuillage qui l’abrite,
En se parlant tout bas, la fleur sentimentale