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Hélas ! L’Humanité souffre, et tu n’agis pas,
Et nul vers les Douleurs ne te voit faire un pas !
Des fantômes humains sont la, t’effleurant presque,
Dont la foule se presse en lamentable fresque,
Sans que vers eux, poussée irrésistiblement,
A leurs maux ta pitié trouve un allégement !
L’angoisse te coudoie et le haillon te frôle,
Et tu ne comprends pas la grandeur de ton rôle !..
Interromps tes soupirs inutiles, va, cours
Où l’on appelle à l’aide, où l’on crie au secours.
Sur la morne vieillesse ou l’enfance orpheline,
Que ton front grave, où germe un vain songe, s’incline !
Entre dans la mêlée, et tu sauras combien
On savoure de joie à prodiguer son bien,
A. protéger le faible en larmes quVn rassure,
A répandre le baume et fermer la blessure.
Que ta bonté se fasse agissante ! La faim,
La misère, le deuil, l’effroi, vaincus enfin,
Râleront si la main virile les terrasse.
Kevêts-toi d’équité comme d’une cuirasse,
Et que, dressé devant l’injustice soudain,
Le rêveur attendri se change en paladin !

(Pèlerinages.)