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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t3.djvu/373

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de suite, s’y fit remarquer. Dès 1893, il fondait, à Paris, sous lo titra : L’Académie française, une éphémère revue littéraire ; puis, encore étudiant, il fit paraître en Suisse une brochure périodique, L’Annonciation, dont il était le rédacteur unique et qui eut quelques numéros.

De retour à Paris, M. Saint-Georges de Bouhélier créa succès. si veulent : Le Rêve et l’Idéal, autre revue littéraire ; puis les Documents sur le Naturisme, qui devinrent, en 1897, la Revue Naturiste, laquelle n’a point cessé de paraître et obtient auprès des lettrés un accueil favorable.

Entre temps, il collaborait à la Plume, à l ’ Événement, à la Presse, au Figaro, où il fit paraître, en janvier 1896, un Manifeste qui fut le point de départ du mouvement naturiste, et où il était dit : « Nous chanterons les hautes fêtes de l’homme… Pour la splendeur de ce spectacle, nous convoquerons les plantes, les étoiles et le vent. Une littérature viendra qui glorifiera les marins, les laboureurs, nés des entrailles du sol, et les pasteurs qui habitent près des aigles. De nouveau, les poètes se mêleront aux tribus. Ils seront des citoyens, etc. »

Les poésies de M. Saint-Georges de Bouhélier, ses articles de critique littéraire, philosophique ou sociale attirèrent sur lui l’attention ; fréquemment commentés et très appréciés dans la jeune littérature, ils valurent très rapidement à leur auteur une enviable notoriété littéraire, et le firent reconnaître comme un maître par une grande partie de la jeunesse : il devint le chef incontesté de l’Ecole Naturiste. Au moment où l’opinion publique commença à s’agiter à propos du procès Dreyfus, M. Saint-Georges de Bouhétier s’affirma nettement parmi les partisans actifs de la revision : il signa le manifeste dit « des intellectuels » et fit paraître une brochure : La Révolution en marche (1898), qui fit grand bruit.

En 1900, il fonda, avec M. Maurice Leblond, le « Collège d’Esthétique moderne », société d’art et de solidarité, destinée à répandre l’idée de la beauté, à grouper les artistes nouveaux et à créer une sorte de maison commune où ils puissent fraterniser. Dans cette société, dont Emile Zola fut président d’honneur, et dontlui-mèine est directeur, il professe un cours d’esthétiquo de la vie.

« M. Saint-Georges de Bouhélier, dit M. Catulle Mendès, a cette grande force, l’affirmation par où l’on croit et fait croire. Sa qualité principale, c’est l’élan, a

Terminons cette brève notice en citant ces lignes de la Préface des Chants de la Vie Ardente : « Que l’on no s’attende pas à retrouver dans ces poèmes les abandons et les éclats que j’avais laissés autrefois à mes essais du début. Depuis qu’Eglé a paru, j’ai été amené à penser qu’en France, du moins, l’observation presque absolue des anciennes lois de la métrique est indispensable