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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t3.djvu/347

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Et mon âme, sachant que tout est périssable,
Comprend la vanité même du désespoir…

Le chant du rossignol module sa tristesse
Et lui donne l’extase ardente du sanglot ;
Car tous les bruits du soir ont accru son ivresse :
Chants, feuillages froissés, vent sonore sur l’eau.

La voix pure, au lointain, des beaux pêcheurs de sable
Redit aux longs échos du fleuve un air ancien
Au rythme d’or, — tandis qu’ils tirent sur les câbles,
Dans la limpidité du soir languedocien.

Et, quand ils se sont tus, descendant vers la ville,
Et que le rossignol s’éplore seul, encor,
Je sens la nuit grandir dans mon âme tranquille,
Comme un recueillement qui précède la mort…