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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t3.djvu/324

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Qui vivent au fond de ces douces urnes,
Dont l’effort d’aimer éclate en des flammes
Qui sont sans chaleur.

Quand le soir hatif emplira la chambre,
Nous regarderons ces fleurs de Novembre,

Ces fleurs de souci,
Ces fleurs sans espoir, comme des emblèmes ;
Le jardin n’a plus que des chrysanthèmes ;

Et nos cœurs aussi !

[Le Chemin des Saisons.)

LE CALICE DES BAISERS

Le calice d’or des baisers
Porte une émeraude à chaque anse,
La verte pierre d’espérance
Aux rayons jamais apaisés ;

Un cercle pourpre de rubis, »
La pierre des fièvres brûlantes,
L’entoure de flammes sanglantes,
De feu sombre et d’éclats subits ;

Mais au fond du calice d’or
Est incrustée une améthyste,
La pierre violette et triste
Des pleurs, du deuil et de la mort.

(Le Chemin des Saisons.)