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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t3.djvu/32

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Car c’est chose suprême
D’aimer sans qu’on vous aime,
D’aimer toujours, quand même,
Sans cesse,

D’une amour incertaine,
Plus noble d’être vaine…
Et j’aime la lointaine
Princesse.

Car c’est chose divine
D’aimer quand on devine,
Rêve, invente, imagine
A peine…

Le seul rêve intéresse,
Vivre sans rêve, qu’est-ce ?
Et j’aime la Princesse
Lointaine !

(La Princesse lointaine.)

BALLADE

DU DUEL DE CYRANO AVEC LE VICOMTE DE VALVERT

Je jette avec grâce mon feutre,
Je fuis lentement l’abandon
Du grand manteau qui me calfeutre,
Et je tire mon espadon ;
Elégant comme Céladon,
Agile comme Scaramouche,
Je vous préviens, cher Mirmidon,
Qu’à la fin de l’envoi, je touche !

(Premiers engagements de fer.)
Vous auriez bien dû rester neutre ;
Où vais-je vous larder, dindon ?…
Dans le flanc, sous votre maheutre ?…
Au cœur, sous votre bleu cordon ?…
— Les coquilles tintent, ding-don !
Ma pointe voltige : une mouche !
Décidément… c’est ou bedon
Qu’à la fin de l’envoi, je touche.