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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t3.djvu/306

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De l’ouvrage qui presse, et des chambres obscures
Où la poussière abonde aux planchers vermoulus.

Le soleil tiède et bon s’épanouit en elles ;
Et lorsque rentreront les hommes alourdis,
Elles auront ce soir, dans l’ombre du taudis,
Un grand besoin d’aimer et d’être maternelles.

[Le Songe de l’Amour.

COMPLAINTE

Ce n’est pas toi que je regrette,
C’est le rêve par toi déçu,
Mon cœur jeune et la foi secrète
Que je gardais à mon insu.

Je ne t’en veux pas, je devine…
Ton désir vain s’est effeuillé…
Je t’ai faite en moi trop divine,
Je me suis trop agenouillé.

Tu n’étais qu’une pauvre femme…
Je te croyais naïvement
Endormie au fond de ton âme,
Comme la Belle au bois dormant.

Et je me disais que sans doute
Je te réveillerais, un jour,
Neuve comme autrefois et toute
Ressuscitée à mon amour…

Mais c’est en vain que je t’apporte
L’espoir d’un suprême printemps :
La Belle au bois dormant est morte,
Elle avait dormi trop longtemps.

(Le Chemin de l’Oubli.)