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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t3.djvu/298

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grâce au mauvais air du faubourg
où nous aut’s on est h’entassés.

Ah ! dir’ qu’ t’es là-d’ssous à preusent
par tous les temps qu’y neige ou pleuve !
(Vrai ! Qué crèv’-cœur ! Qué coup d’ couteau !
on m’a ratissé mon château,
on m’a esquinté mon chef-d’œuvre.)

T’ rappell’s-tu, quand tu t’ réveillais,
le croissant chaud, l’ café au lait ?
T’ rappell’s-tu comme ej’ t’habillais ?

Eh ! ben, pis nos sorties l’ Dimanche,
tes beaux p’tits vernis… ta rob’ blanche…
T’étais si fin, si gracieux,
tu faisais tant plaisir aux yeux
qu’on voyait les genss s’arr’tourner
pour te regarder trottiner.

Ah ! en c’ temps-là,… dis mon Petit,
de qui c’est qu’ t’étais la fifille,
l’amour, le trésor, le Soleil !
De qui c’est que t’étais l’ Jésus ?

De ta Vieille est-c’ pas, de ta Vieille ?

Qui faisait tes quatr’ volontés,
qui t’a pourri, qui t’ a gâté,
qui c’est qui n’ t’a jamais battu ?
Et l’année d’ ta fluxion d’ poitrine,
qui t’as soigné, veillé,… guéri ;

c’est-y moi ou ben la voisine ?

Et à présent qu’ te v’là ici
comme un chien crevé, eune ordure,
comme un fumier, eun’ pourriture,
avec la crêm’ des criminels,

Qui c’est qui malgré tout vient t’ voir ?
Qui qui t’esscuse et qui t’ pardonne ?
Qui c’est qu’en est la pus punie ?
C’est ta Vieill’, tu sais, ta fidèle,
ta pauv’ vieill’ loqu’ de Vieill’ vois-tu !

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Mais j’ bavarde, moi, j’us’ ma salive ;
la puïe cess’ pas, la nuit arrive ;
faut que j’ m’en aill’ moi… il est l’heure,
maint’nant c’est si loin où j’ demeure.