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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t3.djvu/225

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LA PUDEUR

A L. Roger-Miles.

Quand la gloire des Dieux rayonnait sur le monde,
La femme, dans l’orgueil d’un prestige exalté
Par la lyre et le marbre où revit sa beauté,
Se dévoilait sans honte à l’art qu’elle féconde.

Le Verbe surprit Rome en sa luxure immonde.
Néron, persécuteur d’un culte détesté,
Traîne au cirque sanglant ta chaste nudité,
Vierge vouée au Christ dont la grâce t’inonde.

La crainte de la mort ne trouble point tes yeux,
Mais tu croises les bras sur ton sein soucieux
D’échapper aux regards que ta jeunesse attire ;

Et ce geste éperdu qui te vêt de splendeur,
Comme une fleur d’amour éclose du martyre,
Aux hommes éblouis révèle la Pudeur.

[Poèmes de France et de Bourbon.)