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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t3.djvu/218

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Ce sont des vierges qui se lèvent,
Et c’est un peuple qui s’endort.

Mais la mienne, plus grande que ses sœurs,
Les regarde sans les reconnaître,
Et je la suis avec douceur
Dans le chemin que je longe

Infini comme les songes.

(Le Sang parie.)

G LOSERIE

Les feuilles s’ennuient
Le long de la vanne et de la haie ;
La légère pluie
Frôle la forêt.

Le ciel gris somnole sur le clos,
L’espalier vert se réfléchit dans l’eau,
L’orage est calme et les gouttes s’alternent
De la plus haute feuille à celle de dessous,
De celle-là aux autres jusqu’à l’herbe,
Avec un bruit doux.

Sept heures. Un peu d’or s’attarde à l’horizon,
Tout se défait dans la brume de la saison,
L’heure alentie écoute les fontaines,
Le jardin roux s’apprête à sommeiller,
Une lueur s’avive à la fenêtre…
La nuit de Dieu va doucement régner.

O règne pur de la pluie et des heures
Sur la nature et mon âme ce soir,
Sur mon désir d’être calme ce soir !

Tout consent à une candeur oublieuse,
Tout s’atténue et sans effort s’endort.
C’est à peine si la forêt semble peureuse :
Et moi je reste à regarder dehors,
A regarder tout cela qui consent,
Comme un enfanL, en vérité, comme un enfant…

(Le Sang parie.)