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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t3.djvu/121

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DE PROFUNDIS

Du fond du noir abîme, où, dans la nuit immense,
Seul un zigzag d’éclair fait par instant le jour,
L’océan des vivants jette sous le ciel sourd
Un sanglot éternel à l’éternel silence,

Des vagues d’hommes vont se ruant à l’assaut,
Luttant, escaladant pour s’évader de l’ombre ;
Leur flot hurlant s’abat, brisé comme un roc sombre :
Il tombe, et rebondit plus haut, encor plus haut !

Tandis que, s’élançant des profondeurs funèbres,
Cette marée humaine, à travers les ténèbres,
Honte et monte toujours comme le flux des mers,

Là-haut, au bord du gouffre, en un nimbe d’aurore,
Se dressant sur sa croix, que la lumière dore,
Le Christ, penché sur l’homme, attend, les bras ouverts.