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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t3.djvu/116

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Je ne frémirais point aux rires de l’orage ;
Je demeurerais calme, ô vents, parmi vos rages.
Lumière du soleil ou de l’éclair, qu’importe ?…
La foudre me tuerait sans émouvoir mon âme.
Mais le destin moqueur et lâche ne m’apporte
Nul des malheurs hautains qui seraient à ma taille :
Je ne suis point brûlé par de soudaines flammes,
Je ne sens point sur moi la hache qui entaille.
Le destin a muré mon jardin, et ma porte
Est fermée. Sans doute, nul ne viendra l’ouvrir ;
Les nobles fruits que j’offre aux soifs de l’avenir
Tomberont sur le sol pour lentement pourrir.
L’ignorance de tous me fait pour tous stérile…
Dans le vide j’étends heureux mes bras fertiles.