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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t3.djvu/108

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PRIÈRE DU POÈTE

Mes bras sont entr’ouverts en forme d’une lyre
Où se vient reposer l’oiseau de paradis ;
Mon chant sait formuler ce que nul n’a su dire,
Je donne un nouveau sens à des mots déjà dits.

Je suis celui qui pleure et vibre pour ses frères ;
J’apprends à s’exalter dans l’honneur de souffrir ;
J’extrais de la beauté des fortunes contraires,
Et des injustes biens j’enseigne à se guérir.

On espère à ma voixl mes pleurs même consolent,
Car ils semblent si beaux qu’on veut aussi pleurer !
Et tous ceux qui, dans l’ombre, au hasard se désolent
Sentent un peu de moi sans bruit les effleurer !

(Les Prières de tous.)