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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t1.djvu/83

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Pensive et recueillie.
Et d’une fleur cueillie
Brisant le cœur discret
D’un doigt distrait,

A l’heure où sous leurs voiles
Les tremblantes étoiles
Brodent le ci-l changeant
De fleurs d’argent.

(Les Stalactites.)

SCULPTEUR, CHERCHE AVEC SOIN, EN ATTENDANT L’EXTASE…

Sculpteur, cherche avec soin, en attendant l’extase,
Un marbre sans défaut, pour en faire un beau vase
Cherche longtemps sa forme, et n’y retrace pas
D’amours mystérieux ni de divins combats.
Pas d’Alcide vainqueur du monstre de Némée,
Ni de Cypris naissant sur la terre embaumée ;
Pas de Titans vaincus dans leurs rébellions,
Ni de riant Bacchos attelant les lions
Avec un frein tressé de pampres et de vignes ;
Pas de Léda jouant dans la troupe des cygnes
Sous l’ombre des lauriers en fleur, ni d’Artémis
Surprise au sein des eaux dans sa blancheur de lis.
Qu’autour du vase pur, trop beau pour la bacchante,
La verveine mêlée à des feuilles d’acanthe
Fleurisse, et que plus bas des vierges lentement
S’avancent deux à deux, d’un pas sûr et charmant,
Les bras pendants le long de leurs tuniques droites
Et les cheveux tressés sur leurs tètes étroites.

(Les Stalactites.)

LE SAUT DU TREMPLIN

Clown admirable, en vérité !
Je crois que la postérité,
Dont sans cesse l’horizon bouge,