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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t1.djvu/539

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En Préparation : Sous Us Bruines de Bretagne (poèmes).

Les œuvres de M. Louis Tiercelin ont été publiées chez Alphonse Lemerre et A. Savine.

M. Louis Tiercelin a collaboré à divers journaux et revues. II dirige la revue bretonne L’Hermine.

M. Louis Tiercelin est né à Rennes en 1849. Il débuta dans la poésie par deux comédies : L’Occasion fait le larron et L’Habit ne fait pas le moine, représentées, en 1867 et eu 1868, sur la scène du théâtre de Rennes. Quelques mots de Leconte de Lisle lui indiquèrent la voie qu’il avait à prendre, et ce fut José-Maria de Heredia qui lui apprit à faire le vers.

Le premier volume de vers do M. Tiercelin, Les Asphodcles (1873), est une œuvre éclose « dans l’atmosphère très catholique de l’ancienne famille bretonne à laquelle appartenait le poète. Elle est comme le pur reflet de ses impressions premières », Dans ce recueil, comme dans ceux qui suivirent, M. Louis Tiercelin s’est montré un pocte profondément idéaliste et très tendre. II a perdu bien des illusions, mais il s’est rapproché davantage de la vérité de la vie. Il a de sublimes paroles de consolation pour ceux qui souffrent. Par quelles épreuves a dû passer ce cœur généreux pour répandre ainsi l’aumône de pitié !

M. Louis Tiercelin a publié Le Parnasse Breton et fondé la revue L’Hermine. Il a été le promoteur du magnifique mouvement poétique breton de ces vingt dernières années.

L’AUMONE

Le lourd soleil de juin a brûlé les campagnes.
Le torrent qui tombait du sommet des montagnes,
Brisant les fleurs, broyant les arbres dans son choc,
Ouvre, comme une plaie énorme dans le roc,
Son gouffre desséebé plein de débris informes.
Le ruisseau dont les eaux baignaient le pied des ormes
Et qui courait, avec un murmure confus,
Frais et clair, à l’abri des vieux saules touffus,
Montre à présent son lit de sable triste et vide.
Le chemin est ardent et le champ est aride.
On voit les blés jaunis sécher sans être mûrs.
Les fauves, par milliers, cherchent l’abri des murs,
Epouvantés de voir la forêt sans ombrage.
Les oiseaux étonnés s’appellent ; avec rage,
Inquiets, vainement implorent-ils du bec