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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t1.djvu/521

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Les boulets morts, sur ton clocher
Criblé — comme un prunier — de prunes…

— Dors : sous les noires cheminées
Ecoute rêver tes enfants,
Mousses de quatre-vingt-dix ans,
Epaves des belles années…

Il dort ton bon canon de fer,
A plat ventre aussi dans sa souille.
Grêlé par les lunes d’hiver…
Il dort son lourd sommeil de rouille.
— Va : ronfle au vent, vieux ronfleur,
Tiens toujours ta gueule enragée
Braquée à l’Anglais !… et chargée
De maigre jonc marin en fleur.

LE CRAPAUD

Un chant dans une nuit sans air…
— La lune plaque en métal clair
Les découpures du vert sombre.

… Un chant ; comme un écho, tout vif
Enterré, la, sous le massif…
— Ca se tait. Viens, c’est là, dans l’ombre…

— Un crapaud ! — Pourquoi cette peur,
Près de moi, ton soldat fidèle !
Vois-le, poète tondu, sans aile,
Rossignol de la boue… — Horreur ! —

… Il chante. — Horreur ! ! — Horreur pourquoi ?
Vois-tu pas son œil de lumière ?…
Non : il s’en va, froid, sous sa pierre.
Bonsoir. — Ce crapaud-là, c’est moi.

(Les Amours jaunes.)

Le soir, 20 juillet.