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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t1.djvu/493

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Moi, j’ai fait tristement les apprêts funéraires ;
J’ai pris en main la hache, ainsi qu’un fer sacré,
Et, redoublant mes coups sur ce corps vénéré,
J’ai couché le vieil arbre endormi dans l’allée,
Comme un ami dont l’âme ailleurs s’en est allée.
Puis, prêtre de Cybèle et pensif bûcheron,
Creusant l’antique sol tout à l’entour du tronc,
J’ai mis au jour surpris ses racines âgées,
Dans le terrain fertile avidement plongées.
Le fer a tranché tout.

Quand viendra la saison
Où l’opaque brouillard rétrécit l’horizon ;
Quand, sous le noir manteau des grandes cheminées,
Les veilles par l’hiver nous seront ramenées ;
Un soir que les amis, cercle aimable et charmant,
Seront nombreux autour de mon feu de sarment,
Je jetterai dans l’âtre, où le vent monotone
Chantera sa chanson, triste écho de l’automne,
Le débris desséché du vieil arbe péri,
Et tous rappelleront son souvenir chéri,
Et, tendant les deux mains aux flammes odorantes,
Rediront sa beauté, ses pêches transparentes,
De loin, en l’approchant, les sentiers embaumés.
Et ses rameaux en fleur, des abeilles aimés.

(Poésies.)

POÈTES DU CLOCHER

Qu’il soit la tour massive ou la flèche effilée,
Portant la lourde cloche ou le gai carillon,
Laissant choir ou jetant les sons à la volée .
Sur les toits de la ville ou les blés du sillon ;

Dans l’azur ou la brume, étincelant ou sombre,
Qu’une grande cité presse ses contreforts,
Ou qu’en un blanc village il ne donne un peu d’ombre
Qu’à l’étroit cimetière où dorment les chers morts…

Qu’il s’étage en couronne ou s’arrondisse en dôme ;
Ogival ou roman, normand ou bourguignon ;