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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t1.djvu/471

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Livrez au vent des cieux votre gorge brûlante,
Et tordez librement dans une ronde ardente
Vos larges flancs d’ivoire aux rayons du soleil !

Guerriers de Méroé, brandissez vos épées !
Du cliquetis des fers accompagnez vos sœurs !
Jaillissent les éclairs des lames bien trempées !
Les rois ont soif ! Du vin dans les coupes jaspées,
Du vin pour les guerriers ! Pour les femmes, des fleurs

Méroé ! Méroé ! Rois de l’Ethiopie, .
Célébrons aujourd’hui la gloire et les exploits !
Arrière les soucis, la sombre rêverie
Qui porte les regards au delà de la vie !
Nous sommes les heureux, car nous sommes les rois !

Oui, nous sommes les rois, les pasteurs de la terre !
Le monde entier gémit sous nos puissants genoux !
A nous l’espace immense et la pleine lumière,
A nous les armes d’or, à nous les chars de guerre
Qui roulent en grondant sur les sables d’Edfous !

A nous le plaisir libre et l’amour sans barrière,
A nous les aiguillons du désir indompté !
A nous la femme ardente à la folle colère,
Dont le corps onduleux, comme un corps de panthère,
Se tord sous les baisers et boit la volupté !

Méroé ! Méroé ! Formons les chœurs de danse,
Et chantons les amours près des autels d’Athor !
Filles de Méroé, parmi les fers de lance,
Au rythme des sistras bondissez en cadence,
En choquant du talon vos pesants anneaux d’or !