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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t1.djvu/419

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Il refuse ta main, lui qui ne lâchait pas,
Hier, les plis de ta robe.

Les enfants sont un jour trop grands pour les berceaux ;
Les fleurs sont éphémères ;
Et dans les nids d’antan il n’y a plus d’oiseaux…
C’est le souci des mères !

(La Chanson de l’enfant.)

LA LÉGENDE DU CHEVRIER

Comme ils n’ont pas trouvé place à l’hôtellerie,
Marie et saint Joseph s’abritent pour la nuit
Dans une pauvre étable où l’hôte les conduit,
Et là Jésus est né de la Vierge Marie.

Il est à peine né qu’aux pâtres d’alentour,
Qui gardent leurs troupeaux dans la nuit solitaire,
Des anges lumineux annoncent le mystère.
Beaucoup sont en chemin avant le point du jour.

Ils portent à l’enfant, couché sur de la paille
Entre l’âne et le bœuf qui soufflent doucement,
Des agneaux, du lait pur, du miel ou du froment,
Tous les humbles trésors du pauvre qui travaille.

Le dernier venu dit : « Trop pauvre, je n’ai rien
Que la flûte en roseau pendue à ma ceinture,
Dont je sonne la nuit quand le troupeau pâture :
J’en peux offrir un air, si Jésus le veut bien. »

Marie a dit que oui, souriant sous son voile…
Mais soudain sont entrés les mages d’Orient ;
Ils viennent à Jésus l’adorer en priant,
Et ces rois sont venus guidés par une étoile.

L’or brode, étincelant, leur manteau rouge et bleu,
Bleu, rouge, étincelant comme un ciel à l’aurore.
Chacun d’eux, prosterné devant Jésus, l’adore ;
Ils offrent l’or, l’encens, la myrrhe, à l’Enfant-Dieu.

Ebloui, comme tous, par leur train magnifique,
Le pauvre chevrier se tenait dans un coin ;