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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t1.djvu/414

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M. Jean Aicard a collaboré au Parnasse Contemporain et à de nombreux journaux et revues.

«r M. Jean-François-Victor Aicard, dit Jean Aicard, est né à Toulon le 4 février 1848. Je ne sais s’il avait achevé ses études classiques, qu’il commença au lycée de Màcon et unit au lycée de Nîmes, lorsque, à dix-neuf ans, il publia ses Jeunes Croyances, son début dans la carrière poétique, un début de maître. Ce fut Louis Jourdan, dont la critique faisait alors autorité dans Iq Siècle, qui lança le volume à Paris. Peu de temps après, l’Académie du Var recevait au nombre de ses membres, en séance publique, le tout jeune poète.

« Dès ce moment, il ne se passera point d’année que M. Aicard ne soumette au jugement du public quelque œuvre nouvelle. Au clair de la lune est joué à Marseille en 1869. Les Rébellions et les Apaisements paraissent en 1871, Pygmalion en 1872. On applaudit aussi, en 1872, Mascarille à la Comédie française.

Puis se succèdent les prix académiques : Les Poemes de Provence, couronnés en 1874 ; La Chanson de l’enfant, qui obtient la même récompense en 1876 ; le poème sur Lamartine, qui réunit tous les suffrages en 1883. Je n’oublie pas Miette et Norê, qui valut au poète le prix Vitet, et bientôt après la croix de la Légion d’honneur. Smilis, drame en quatre actes et en vers, donné aux Français, est de 1884.

En 1885, parait Le Dieu dans l’Homme, œuvre de penseur abordant avec une audace toujours sûre d’elle-même les plus hauts problèmes métaphysiques, et en trouvant la solution dans les élans d’une âme profondément religieuse et enivrée d’idéal. En 1886, il publie L’Eternel Cantique, et, avant la fin de cette année, Le Livre des petits, si naïf, si touchant, et dont la popularité est si universelle dans le Midi que tout le monde le sait par cœur et le redit. En 1887, M. Jean Aicard fait éditer Le Livre d’heures de l’amour ; en 1888, Au Bord du désert. Viennent ensuite Don Juan, poème en cinq actes, puis le drame si original, si hardi, auquel il donna pour titre Le Père Lebonnard, et qui eut son odyssée ; enfîn, ses romans : Le Roi de Camargue, Le Pavé d’amour, qui parut d’abord dans le Temps, et Tatas ; et son délicieux volume Jésus, qui renferme peut-être, sous une forme simple et châtiée, les meilleures inspirations du poète.

« M. Jean Aicard est incontestablement un esprit d’élite et un écrivain de premier rang, idéaliste, toujours planant haut, et charmeur par le style, la couleur, la verve. M. Sully Prudhomme a dit de lui :

Disciple harmonieux de l’antique Cigale,
Je ne te saurai rendre aucune joie égale
A la sereine ivresse où m’ont plonge tes vers ;
M’en fais que de pareils ou n’en lais jamais d’autres :