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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t1.djvu/397

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Peu après la publication de ces ouvrages, il épousa Mu« Mautet, sœur utérine du compositeur Charles de Sivry. Puis il eut sa crise républicaine et même communarde. Compromis pour avoir, pendant la Commune, donné asile à des amis, il dut quitter la France. Il se réfugia à Londres, puis à Bruxelles.

Rentré à Paris, il fit bientôt la connaissance d’Arthur Rimbaud, dont il subit fortement l’attraction. £n 1872, il quitta sa femme à cause de son ami et fit avec celui-ci plusieurs voyages en Angleterre et en Belgique. En 1873, à Bruxelles. Rimbaud ayant manifesté son intention de s’en aller pour toujours, Verlaine tira sur lui deux coups de revolver. Condamné à dix-huit mois de prison par le tribunal correctionnel de Brabant, il fut enfermé aux Petits-Carmes de Bruxelles, puis transféré à Mons. C’est là qu’il écrivit les Romances sans paroles (1874) et prépara Sagesse, qui témoignait de sa ferveur nouvelle pour la religion catholique.

Libéré le 16 janvier 1875, il rentra en France, « vieilli de cœur et d’esprit et plein pour jamais d’une amertume profonde ». Il se retrouva seul, sa femme ayant obtenu le divorce, et passa en Angleterre, où il professa le français et le dessin jusqu’en 1877. A son retour en France, il fut professeur au collège de Réthel, tenta ensuite un essai de culture à Coulommes, mais dut bientôt vendre sa ferme (1881).

La publication de Sagesse (1881), fruit de « six années d’austérité, de recueillement, de travail obscur », rendit son nom célèbre. Professeur à Boulogne-sur-Seine, puis à Neuilly, il fit paraître, en 1884, Les Poètes maudits et Jadis et Naguère, Il cessa dès lors de s’isoler : on le revit avec ses amis Lepellctier, Huysmans, Robert Caze, Villiors de L’Isle-Adam. Une jeunesse ardente et généreuse acclamait son génie : Charles Morice, F.-A. Gazais, Gabriel Vicaire, Jean Moréas, Adolphe Retté, Ary Renan, Laurent Tailhade, Rachilde et tant d’autres lui vouèrent un culte enthousiaste.

Cependant la vie continuait à lui être dure, et la gêne se faisait déjà cruellement sentir. La mort de sa mère (21 juillet 1886) acheva sa ruine, et sa vie misérable de bohème commença. Malade, il dut, en 1889, entrer à l’hôpital Broussais ; dès lors il ne sortit d’un hôpital que pour rentrer dans un autre. On le vit cependant aux Soirées Procope, fondées par F.-A. Cazals, Jacquemin, Turbert, Trimouillat, Xavier Privas, et il alla faire des conférences à Nancy, en Angleterre, en Belgique, en Hollande. Mais sa fatigue grandissait…

Après la mort de Leconte de Lisle, un journal ayant proposé un vote pour le remplacer dans l’admiration et dans la gloire, Paul Verlaine fut, par 77 voix, élu « prince des poètes ». Quelque temps après, il eut encore la satisfaction de voir représenter, aux Soirées Procope, son petit acte : Madame Aubin.., Et