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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t1.djvu/292

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Offre aux pèlerins des parvis du temple
Un enchantement qui soit un exemple.
. . . . . . . . . . . . . . .

(Les Braises du cendrier.)


BALLADE DE L’AME DE PAUL VERLAINE


Tous, dès que la mort les déleste,
Les rois, les prélats en rochet,
Les gueux, frappent a l’Huis céleste !
Notre-Dame ouvre le guichet.
De la colombe à l’émouchet,
Chaque âme est une Madeleine
Qui se souvient qu’elle péchait…
Et voici l’âme de Verlaine.

« Pleine de Grâce ! un propos leste
Souvent moussa dans mon pichet ;
Je vaux que me happe et moleste
L’âpre Iblis aux dents de brochet. »
Mais Elle : « Rien ne te tachait !
Je sens comme la pure haleine
D’un grain d’encens dans un sachet ;
Et voici l’âme de Verlaine.

« Tes fautes, dont plus rien ne reste,
Furent la boue et le souchet
Où la violette modeste
De ton doux rêve se cachait.
Ce qui naguère t’empêchait
De t’épanouir dans la plaine
N’est plus qu’ombre, cendre, déchet !
Et voici l’âme de Verlaine. »


ENVOI
A Notre-Seigneur Dieu.


Seigneur ! plus d’un banquier trichait !
Voici pour vous la marjolaine
Et le lys qui s’effarouchait,
Et voici l’âme de Verlaine.

(Les Braises du cendrier ; 1900.)