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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t1.djvu/254

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Le sang divin des marbres blancs
Vit aux veines des marbres roses.

Du côté que s’en vient la mer,
Une mer fine et délicate,
Ils tendent vers l’espace amer
Leur radieuse clarté mate.

Ils ont des voix et des regards ;
Et, lorsque monte la marée,
Ils cherchent si les étendards
Ne flottent pas vers la Morée.

(Les Villes de marbre.)


LA STATUE DE COLLEONI
VENISE


L’aventurier, d’un sang plus pur qu’un sang royal,
Etant né de celui des belles républiques,
Appuie aux étriers d’airain ses pieds obliques,
Et, du bras gauche, enlève et retient son cheval.

II ouvre l’autre bras dans un geste loyal,
Ayant choisi, d’un cœur dévot à ces reliques,
Dans les drapeaux empreints d’animaux symboliques,
Le vieux Lion plutôt que l’Aigle impérial.

Solide conducteur de soldats à sa taille,
D’un regard sans prunelle il mène la bataille,
Et laisse sûrement sa tactique aboutir.

La bouche aux coins tombants, enclose par des rides,
Et que serre l’orgueil de deux lèvres arides,
Par mépris de parler ne daigne pas mentir.

(Les Villes de marbre.)


LES MAITRES INCONNUS
FLORENCE


Les vieux maîtres anciens, sur la toile ou le fer,
Inscrivaient de leurs mains augustes et hautaines