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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t1.djvu/233

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où devaient bientôt se rencontrer la plupart des « Parnassiens ».

« Il y avait également à cette époque, sur la rive gauche, d’autres « endroits * où l’on se rencontrait. Beaucoup d’eutre nou=, par exemple, ont passé par le salon d’une veuve d’académicien, M»- Virginie Ancelot…

« C’est chez Mm* Ancelot que je vis pour la première fois Vi’« liers de L’Isle-Adam, assez dépaysé — et il n’était pas le seul

— en ce monde solennel d’académiciens, de poètes, d’artistes, plutôt des très anciens régimes que des plus récents. D’ailleurs le salon n’était politique que très discrètement. Au fond, on y souriait et on y potinait un peu contre l’Empire ; mais nul n’eût osé aller au delà, M* Lachaud, avocat bien en cour, étant le gendre de la maison.

« Nous allions quelquefois aussi à l’Institut, chez P hilare te Chasles, professeur au Collège de France et critique aux Débats, toujours remuant, toujours inquiet, toujours déplacé… — un des esprits curieux de l’époque, et, par ses enquêtes sur les littératures étrangères, un vrai précurseur. Encore un qu’on a peutêtre tort d’oublier trop ! »

Puis, il y eut bientôt le passage Choiseul : « L’indéfectible amitié qui unit Paul Verlaine et Edmond Lepelleticr jusqu’à la fin du pauvre Lélio, datait du collège. Tous deux mes voisins,

— P. Verlaine demeurait alors rue de l’Ecluse, à Batignolles, — une intime camaraderie s’était établie entre nous.

« Un jour, ils m’amenèrent un de leurs amis, E. B…, garçon non sans littérature, fort épris de latinisme et des poètes de la Pléiade et que sa prédilection pour les poètes du xvi* siècle avait mis en relation avec un jeune libraire dont la boutique

— sise passage Choiseul, 471 — portait pour enseigne : Percepied ; Alphonse Lemerre, successeur. — Mais, déjà, Alphonse Lemerro rêvait une gloire plus personnelle que celle d’être le successeur de Percepied : il voulait attacher son nom à une édition, si possible définitive, des poètes de la Pléiade, qui parut en effet, plus tard, par les soins de M. Marty-Laveaux…

i Ace moment, je venais de terminer un volume de vers, Ciel, Rue et Foyer, et je cherchais naturellement à le publier. E. B… me proposa de me mener chez son ami du passage ChoiseuL Lemerre accepta de mettre son nom sur le livre (1865), si bien que, premier en date, mon volume aura eu la bonne fortune de déterminer la vocation de l’éditeur des poètes. Et, de fait, dès lors les poètes commencèrent à s’amener l’un l’autre dans la petite boutique du 47. »

Pourtant l’affluence ne data vraiment que de la publication de l’Art, journal hebdomadaire, fondé par M. Xavier de Ricard et

i. Aujourd’hui 23-33.